La haine que je ressent est
indescriptible, le cocktail est détonnant, une vraie bouffée d'opium, un
putain d'éthanol bouillant qu'on injecte. Cette folie destructrice, cette dernière arrogance
maladive, cet
ultime désespoir qui m'arrache à l'
agonie,
qui me sauve encore une fois.
Vivre pour haïr,
HAÏR POUR VIVRE. Trembler, encerclée par des démons inconnus, mais
tellement familier, les attendre dans une
overdose orgasmique, les
supplier de revenir, leur ouvrir ses entraille, les
implorer de les dévorer encore, encore ! Être la nourriture de la haine, et se satisfaire d'être une fois de plus le
gibier servis à sa table. Convulsionnée, tant ils engloutissent rapidement, tant le
bonheur est
immense, prendre un plaisir incontrôlable à la douleur, comme bourrée aux
amphétamines. Attaque, sur le système nerveux,
oh mon dieu, ils s'en prennent aux veines. C'est digne du
speed, c'est dangereux comme l'
héroïne, mais putain, c'est
TELLEMENT BON, la
HAINE ! Bientôt le cadavre sera rongé jusqu'a la
moelle, les démons auront mangé à satiété,
M'AURONT mangée à satiété. Bouffée par la haine, dévorée, et digérée. Je suis la nourriture,
je suis le carburant de mon agonie, j'étais, je suis, je
reste un objet,
aux mains même de mon ressentit,
tant pis,
j'aime être ce cadavre dévoré par la haine et ses démons,
j'aime mourir pour haïr,
et s'il me faut cela pour vivre...
Je n'hésiterais pas une seconde.